« Je suis une force du Passé A la tradition seule va mon amour. Je viens des ruines, des églises,  des retables, des bourgs abandonnés sur les Appennins et les Préalpes Où ont vécu mes frères. J’erre sur la Tuscolane comme un fou Sur l’Appienne comme un chien sans maître. Ou je regarde les crépuscules, les matins Sur Rome, sur la Ciociaria et sur le monde Comme les premiers actes de l’Après-Histoire Auxquels j’assiste par privilège d’état-civil Depuis le bord extrême d’un âge enseveli. Monstrueux est l’homme né Des entrailles d’une femme morte. Et moi, fœtus adulte, j’erre Plus moderne que tous les modernes, En quête de frères qui ne sont plus. » Pier Paolo Pasolini, Poésie en forme de rose (1964)

« Je suis une force du Passé
A la tradition seule va mon amour.
Je viens des ruines, des églises,
des retables, des bourgs
abandonnés sur les Appennins et les Préalpes
Où ont vécu mes frères.
J’erre sur la Tuscolane comme un fou
Sur l’Appienne comme un chien sans maître.
Ou je regarde les crépuscules, les matins
Sur Rome, sur la Ciociaria et sur le monde
Comme les premiers actes de l’Après-Histoire
Auxquels j’assiste par privilège d’état-civil
Depuis le bord extrême d’un âge enseveli.
Monstrueux est l’homme né
Des entrailles d’une femme morte.
Et moi, fœtus adulte, j’erre
Plus moderne que tous les modernes,
En quête de frères qui ne sont plus. »

Pier Paolo Pasolini, Poésie en forme de rose (1964)

"Je suis le descendant de nobles bretons plutôt que le bâtard anonyme né de leurs propres préjugés. Les bretons étaient contre les révolutionnaires, qui étaient des athées, qui tranchaient les têtes au nom de la fraternité, tandis que les bretons avaient des raisons paternelles de rester fidèles à leur ancien mode de vie. Partout dans le monde les intellectuels des villes vivent coupés de la terre et de ceux qui la cultivent, et ne sont en fin de compte que des insensés dépourvus de racines […] toute cette ordure superficielle des existentialistes, des hipsters et des bourgeois décadents. […] Je suis artiste et conteur, un écrivain dans la grande tradition narratrice française et non le porte-parole d’un million de voyous.”  Jack Kerouac, dans une lettre à son agent Sterling Lord

"Je suis le descendant de nobles bretons plutôt que le bâtard anonyme né de leurs propres préjugés. Les bretons étaient contre les révolutionnaires, qui étaient des athées, qui tranchaient les têtes au nom de la fraternité, tandis que les bretons avaient des raisons paternelles de rester fidèles à leur ancien mode de vie. Partout dans le monde les intellectuels des villes vivent coupés de la terre et de ceux qui la cultivent, et ne sont en fin de compte que des insensés dépourvus de racines […] toute cette ordure superficielle des existentialistes, des hipsters et des bourgeois décadents. […] Je suis artiste et conteur, un écrivain dans la grande tradition narratrice française et non le porte-parole d’un million de voyous.”

Jack Kerouac, dans une lettre à son agent Sterling Lord

"Le sens de l’honneur, c’est le refus de pactiser avec ce qui est laid, bas, vulgaire, intéressé, non gratuit ; un refus de s’incliner devant la force parce qu’elle est la force ; devant la paix parce qu’elle est la paix, devant le bonheur parce qu’il est le bonheur. L’honneur implique, chez celui qui le porte en soi, un sens hautain et résolu du risque, du jeu où l’on risque de perdre sa vie ou de gagner l’estime de ses pairs, un sens du tragique de la destinée et aussi de la dignité du malheur."
 Lucien Febvre

"Le sens de l’honneur, c’est le refus de pactiser avec ce qui est laid, bas, vulgaire, intéressé, non gratuit ; un refus de s’incliner devant la force parce qu’elle est la force ; devant la paix parce qu’elle est la paix, devant le bonheur parce qu’il est le bonheur. L’honneur implique, chez celui qui le porte en soi, un sens hautain et résolu du risque, du jeu où l’on risque de perdre sa vie ou de gagner l’estime de ses pairs, un sens du tragique de la destinée et aussi de la dignité du malheur."

 Lucien Febvre

"Elle s’était juré de ne pas avoir d’amant. Elle devinait bien qu’il est détestable de tomber dans la “facilité”. Son caractère sérieux l’empêchait de s’illusionner trop longtemps sur un type et son éducation lui interdisait de se donner au premier venu. Avec de l’alcool et des rires, on commet des folies sans effort. Mais elle souffrait du foie, il manquait donc une condition. Tout cela était assez pour réussir dans la coquetterie, dans la coquetterie seulement. C’était donc assez pour être malheureuse, quand on ne rêvait qu’à la passion. »
Roger Nimier, Les Enfants Tristes
"Elle s’était juré de ne pas avoir d’amant. Elle devinait bien qu’il est détestable de tomber dans la “facilité”. Son caractère sérieux l’empêchait de s’illusionner trop longtemps sur un type et son éducation lui interdisait de se donner au premier venu. Avec de l’alcool et des rires, on commet des folies sans effort. Mais elle souffrait du foie, il manquait donc une condition. Tout cela était assez pour réussir dans la coquetterie, dans la coquetterie seulement. C’était donc assez pour être malheureuse, quand on ne rêvait qu’à la passion. »

Roger Nimier, Les Enfants Tristes

"Que le peuple français est donc changé ! Les hommes de ma génération ont le visage plus dur et plus pathétique, les traits plus virils, le regard plus enfantin, et ce je-ne-sais-quoi de plus ancien, de las, de décidé, de sevère, des visages français du temps où la différence entre la France et l’Europe était bien plus profonde qu’aujourd’hui, du temps où la France était davantage France et moins Europe : où elle était la France. Presque tous les hommes qui avaient vingt et vingt-cinq ans en 1914 portent la moustache, ont les cheveux coupés court, sans soin, le front bas, les yeux clairs dans un visage sombre à la peau opaque. Ce sont les Français que j’ai vus la première fois en 1914, sur les routes de France, dans les forêts de l’Argonne, dans les tranchées de la Champagne pouilleuse, dans les usines et à la gare de l’Est à l’aube, quand ils partaient pour le front de Champagne, au printemps 1918, et que la Grosse Bertha tirait sur Paris, sur la rive gauche. Ce sont des hommes d’une race plus dure, qui s’habillent plus simplement, demeurés fidèles à la casquette, aux souliers à lourde semelle, au pantalon de velours serré à la cheville, à la cravate nouée sur une chemise de toile écrue. Leur moustache retombe des deux côtés de bouche, et c’est une bouche marquée par les coups de rouge, par les pernods et les absinthes d’autrefois, par l’éternel mégot de caporal au coin des lèvres."


Curzio Malaparte, Journal d’un étranger à Paris.
"Que le peuple français est donc changé ! Les hommes de ma génération ont le visage plus dur et plus pathétique, les traits plus virils, le regard plus enfantin, et ce je-ne-sais-quoi de plus ancien, de las, de décidé, de sevère, des visages français du temps où la différence entre la France et l’Europe était bien plus profonde qu’aujourd’hui, du temps où la France était davantage France et moins Europe : où elle était la France. Presque tous les hommes qui avaient vingt et vingt-cinq ans en 1914 portent la moustache, ont les cheveux coupés court, sans soin, le front bas, les yeux clairs dans un visage sombre à la peau opaque. Ce sont les Français que j’ai vus la première fois en 1914, sur les routes de France, dans les forêts de l’Argonne, dans les tranchées de la Champagne pouilleuse, dans les usines et à la gare de l’Est à l’aube, quand ils partaient pour le front de Champagne, au printemps 1918, et que la Grosse Bertha tirait sur Paris, sur la rive gauche. Ce sont des hommes d’une race plus dure, qui s’habillent plus simplement, demeurés fidèles à la casquette, aux souliers à lourde semelle, au pantalon de velours serré à la cheville, à la cravate nouée sur une chemise de toile écrue. Leur moustache retombe des deux côtés de bouche, et c’est une bouche marquée par les coups de rouge, par les pernods et les absinthes d’autrefois, par l’éternel mégot de caporal au coin des lèvres."
Curzio Malaparte, Journal d’un étranger à Paris.