archives-dada
Il faut regarder le monde comme le fait un enfant, avec de grands yeux stupéfaits : il est si beau. Allez courir dans les champs, traverser les plaines à fond de train comme un cheval ; sautez à la corde et, quand vous aurez six ans, vous ne saurez plus rien et vous verrez des choses insensées […] Le génie n’est qu’une manifestation extravagante du corps.
Arthur Cravan, Revue « Maintenant » n°4, mars-avril 1914. (via archives-dada)
sucorsdaum
Épatant, le cinéma, comme narcotique. Le cinéma, le grand bazar de l’hébétude, la chaude boutique du rêve tout fait, tout cuit, démocratique et standard. Il n’y a qu’à s’asseoir, à être là, à ouvrir les yeux. A être un homme de la foule, consentant, passif, soumis à la frénésie mécanique des images, livré aux spectres, sans passé et sans avenir.
Georges Hyvernaud, La peau et les os (via sucorsdaum)
les-sept-couleurs
les-sept-couleurs:

Littérature fiction:
Après de nombreuses années de silence, Roger Nimier publie, en 1963, Les sabres, à la suite de Les Epées publié en 1948.
Ce roman est un succès immédiat en librairie, il est un temps donné gagnant pour le Goncourt, raflé in extremis par un illustre inconnu soutenu par Mauriac.
Cependant, c’est un immense succès en librairie. Jacques Chardonne, dans son Journal, note à la date du 25 juillet 1963: “Lu d’une traite le dernier Nimier. S’il j’ai déjà eu une trique littéraire, c’est bien grâce à lui”. Grâce aux droits d’auteur, et à la vente des droits cinématographiques à Louis Malle, qui réalisa 1964 une adaptation avec Michèle Mercier dans le premier rôle, Roger acquis un yacht, le Sunsiaré, sur lequel en compagnie de Michel Déon, il entreprend une longue croisière qui les mèneront des côtes d’Irlande aux îles grecques. De ces mois de navigations, il tirera plus tard Tout ce qui est voileux m’est étranger: marine à voile et fatigue (Grand prix Blaise Cendrars du roman d’aventure 1967).
De retour à Paris, il assiste avec le recul qui est le sien, aux “événements” de mai 1968. Si l’on en croit ses Mémoires, dont on sait que la plupart est apocryphe, il a passé ses journées à, alternativement, jeter des pavés aux gauchistes et des oranges pourries aux CRS. A ceux qui s’étonnaient de la différence de traitement, il répondait, “Les CRS sont des fonctionnaires mal-payés, mal-aimés, tandis que les étudiants-gnan-gnan sont des gosses de riches qui demain péteront dans la soie. Autant qu’ils se prennent un pavé en travers de leur mignonne petite gueule une fois dans leur vie, ça leur fera des souvenirs à raconter à leurs petits enfants, le soir à la veillée avenue Georges-Mandel, à Deauville ou à Gstaad”
En 1970, il publie 40 ans après: D’Artagnan profite de la retraite à 60 ans, roman adulé par la critique (prix Robert-Brasillach, grand trophée Antoine-Blondin-cuvée spéciale), qui lui ouvrit toutes grandes les portes de l’Académie Française. C’est en grand uniforme dessiné par Hugo Boss d’après sa collection automne-hier 1942-43 (le modèle Stalingrad est souvent donné comme référence) et une épée sur laquelle était gravée sa devise “ Je mets l’impopularité au premier rang des bonnes choses” qu’il fit son entrée sous la Coupole. Son discours de réception par Jacques Laurent, et sa réponse, furent publiées à tirage limité relié en pleine peau de Bernard Franck.
Aujourd’hui âgé de 89 ans, il a complétement disparu de la vie publique. Selon les uns, il vivrait en ermite sous un pont de l’autoroute A13 à la hauteur de La Celle-Saint-Cloud. Selon d’autres, il aurait racheté sous le nom d’emprunt d’Antoine Blondin un bistrot quai Voltaire à Paris.

les-sept-couleurs:

Littérature fiction:

Après de nombreuses années de silence, Roger Nimier publie, en 1963, Les sabres, à la suite de Les Epées publié en 1948.

Ce roman est un succès immédiat en librairie, il est un temps donné gagnant pour le Goncourt, raflé in extremis par un illustre inconnu soutenu par Mauriac.

Cependant, c’est un immense succès en librairie. Jacques Chardonne, dans son Journal, note à la date du 25 juillet 1963: “Lu d’une traite le dernier Nimier. S’il j’ai déjà eu une trique littéraire, c’est bien grâce à lui”. Grâce aux droits d’auteur, et à la vente des droits cinématographiques à Louis Malle, qui réalisa 1964 une adaptation avec Michèle Mercier dans le premier rôle, Roger acquis un yacht, le Sunsiaré, sur lequel en compagnie de Michel Déon, il entreprend une longue croisière qui les mèneront des côtes d’Irlande aux îles grecques. De ces mois de navigations, il tirera plus tard Tout ce qui est voileux m’est étranger: marine à voile et fatigue (Grand prix Blaise Cendrars du roman d’aventure 1967).

De retour à Paris, il assiste avec le recul qui est le sien, aux “événements” de mai 1968. Si l’on en croit ses Mémoires, dont on sait que la plupart est apocryphe, il a passé ses journées à, alternativement, jeter des pavés aux gauchistes et des oranges pourries aux CRS. A ceux qui s’étonnaient de la différence de traitement, il répondait, “Les CRS sont des fonctionnaires mal-payés, mal-aimés, tandis que les étudiants-gnan-gnan sont des gosses de riches qui demain péteront dans la soie. Autant qu’ils se prennent un pavé en travers de leur mignonne petite gueule une fois dans leur vie, ça leur fera des souvenirs à raconter à leurs petits enfants, le soir à la veillée avenue Georges-Mandel, à Deauville ou à Gstaad”


En 1970, il publie 40 ans après: D’Artagnan profite de la retraite à 60 ans, roman adulé par la critique (prix Robert-Brasillach, grand trophée Antoine-Blondin-cuvée spéciale), qui lui ouvrit toutes grandes les portes de l’Académie Française. C’est en grand uniforme dessiné par Hugo Boss d’après sa collection automne-hier 1942-43 (le modèle Stalingrad est souvent donné comme référence) et une épée sur laquelle était gravée sa devise “ Je mets l’impopularité au premier rang des bonnes choses” qu’il fit son entrée sous la Coupole. Son discours de réception par Jacques Laurent, et sa réponse, furent publiées à tirage limité relié en pleine peau de Bernard Franck.

Aujourd’hui âgé de 89 ans, il a complétement disparu de la vie publique. Selon les uns, il vivrait en ermite sous un pont de l’autoroute A13 à la hauteur de La Celle-Saint-Cloud. Selon d’autres, il aurait racheté sous le nom d’emprunt d’Antoine Blondin un bistrot quai Voltaire à Paris.

leprincelointain

“Ce qui va commencer n’est plus pour nous et il faut s’en réjouir ou du moins n’en pas souffrir, car ce sera le contraire de ce que nous avons aimé. Ce sera terrible, avec pour seule beauté l’amplitude de la catastrophe et la hauteur de la vague qui va emporter bien d’autres choses que nous, bien d’autres choses que ce qu’emportent d’habitude les petits vagues de générations ou les ordinaires chapitres d’histoire. Nous ne ferons plus que survivre; nous ne rebâtirons plus rien.”

Paul Morand (1888-1976), extrait d’une lettre à son amie Denise Bourdet.