"Et toujours me ravira le mot de Clovis que Rémi, évêque de Reims, s’apprête doucement à convertir. Le rude barbare est docile et écoute la belle histoire que lui conte l’évêque. Décidément, il lui plaît ce Jésus si aimable, né du ciel et d’une vierge et faiseur de miracles. Le barbare s’attendrit. Rémi pousse plus avant son histoire et maintenant raconte d’une voix brisée l’arrestation et le martyre du dieu. On en est à la crucifixion. Les clous s’enfoncent dans les mains. Le roi est couvert d’épines. Alors Clovis n’y tient plus, se dresse en larmes et s’écrie comme un tonnerre : « Ah, évêque, que n’étais-je là avec mes Francs ! ». Foin de douceur, d’acceptation, de défaite et de martyre ! Un dieu, s’il est le mien, je le défends à grands coups d’épée et je mets ses bourreaux et ses ennemis en bouillie. « Que n’étais-je là avec mes Francs ! », voilà le mot sublime de l’Occident à la fois chrétien et barbare, bon et sauvage, soumis à son dieu mais terrible pour en défendre le trône."Jean Cau

"Et toujours me ravira le mot de Clovis que Rémi, évêque de Reims, s’apprête doucement à convertir. Le rude barbare est docile et écoute la belle histoire que lui conte l’évêque. Décidément, il lui plaît ce Jésus si aimable, né du ciel et d’une vierge et faiseur de miracles. Le barbare s’attendrit. Rémi pousse plus avant son histoire et maintenant raconte d’une voix brisée l’arrestation et le martyre du dieu. On en est à la crucifixion. Les clous s’enfoncent dans les mains. Le roi est couvert d’épines. Alors Clovis n’y tient plus, se dresse en larmes et s’écrie comme un tonnerre : « Ah, évêque, que n’étais-je là avec mes Francs ! ». Foin de douceur, d’acceptation, de défaite et de martyre ! Un dieu, s’il est le mien, je le défends à grands coups d’épée et je mets ses bourreaux et ses ennemis en bouillie. « Que n’étais-je là avec mes Francs ! », voilà le mot sublime de l’Occident à la fois chrétien et barbare, bon et sauvage, soumis à son dieu mais terrible pour en défendre le trône."

Jean Cau

"Les soins donnés, ou pour mieux dire les tortures imposées à des malades incurables, voire agonisants, revêtent des traits de grotesque macabre au sein de cette société athée, qui a peur de la mort comme nulle autre, et dans laquelle le mourir lui-même vous est gâché par les techniciens. Ce sont là des antichambres de l’Enfer. Il est des parvis plus lumineux." Ernst Jünger

"Les soins donnés, ou pour mieux dire les tortures imposées à des malades incurables, voire agonisants, revêtent des traits de grotesque macabre au sein de cette société athée, qui a peur de la mort comme nulle autre, et dans laquelle le mourir lui-même vous est gâché par les techniciens. Ce sont là des antichambres de l’Enfer. Il est des parvis plus lumineux."

Ernst Jünger